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INFO HAITIENNE
 

Plantes pouvant aider � la lutte contre le chol�ra�

Par Marilise Rouzier, Biologiste

 

Haiti est frappée par une épidémie de choléra, maladie très contagieuse touchant une population déjà fragilisée et due à une bactérie très agressive, le Vibrio cholerae. Cette maladie cause une déshydratation sévère qui  peut en quelques heures emporter le malade si rien n’est entrepris.  Le Ministère de la Santé publique à déjà fait sortir plusieurs notes et conseils à la population et il est très important de suivre ces recommandations à la lettre, en particulier en ce qui concerne les mesures d’hygiène, l’ajout de chlore à l’eau et la consommation de sérum oral dès les 1ers symptômes de la maladie (selles fréquentes, blanchâtres  et très liquides, vomissements, coliques et fièvre). Dès les 1eres signes, Il faut aussi se rendre au centre de santé le plus proche. Voila également quelques plantes pouvant aider à diminuer l’activité de l’intestin sous l’action de la bactérie et à perdre moins d’eau par les selles en se rendant au centre. On peut aussi utiliser certaines de ces plantes à titre préventif afin de diminuer l’impact de la bactérie sur l’organisme.   

 

·                    Goyave - Cette plante est très connue un peu partout dans le monde tropical contre la diarrhée en général. De récentes publications indiquent qu’elle peut être d’une grande aide en cas d’épidémie de choléra. Elle agit de différentes façons :

 

·                    Elle ralentit les mouvements intestinaux et diminue le nombre de selles

 

·                    Elle a une action antibactérienne et s’attaque à la bactérie responsable de la maladie (leVibrio cholerae) à la manière d’un antibiotique

 

·                    Elle diminue sensiblement les pertes d’eau due à l’action de la toxine bactérienne sur l’organisme et permet une récupération plus rapide

 

Une façon de tirer profit de son action est de faire bouillir pendant 5 à 10 minutes 5 à 6 feuilles de goyave dans 3 tasses d’eau ou on aura ajouté une petite poignée de riz et de boire une tasse de la préparation avant de se rendre au centre de santé. Les autres habitants de la maison qui ne sont pas atteints par la maladie peuvent aussi  boire ce thé pendant quelques jours à titre préventif.  

 

·                    Girofle - Les clous de girofle ont aussi une action démontrée contre le Vibrio cholerae. On peut faire bouillir pendant 5 minutes 6 à 8 clous de girofle dans 1 verre d’eau et demi et boire. A titre préventif, on peut aussi mettre d’avantage de girofle dans la nourriture.

 

·                    Ail-  C’est un bon désinfectant qui aide à assainir les intestins. Faire bouillir 2 dents d’ail haché dans une tasse d’eau pendant 2 ou 3 minutes et boire. On peut aussi cuisiner en ayant la main légère avec l’ail.

 

·                    Grenade -  Récemment, la pelure de grenade a montré en expérimentation une forte action contre le bacille responsable du choléra. La plante devient rare dans le pays, mais ceux qui ont la chance d’en avoir peuvent préparer un thé en faisant bouillir un morceau de pelure du fruit dans 2 tasses d’eau. 

 

·                    Nime - Les feuilles de nime ont une action démontrée contre le Vibrio cholerae. Comme en expérimentation, il a été prouvé que l’extrait alcoolique est plus efficace que l’extrait à base d’eau, on pourrait faire la préparation suivante et la garder sous la main afin de pouvoir s’en servir pour une urgence : Prendre quelques feuilles fraîches de nime, les laver, les hacher finement et les mettre dans un bocal (format  bocal de confiture du commerce). Recouvrir les feuilles  d’alcool buvable (alcool à liqueur). Agiter vigoureusement et laisser reposer pendant quelques jours. Cette préparation peut être utilisée aux premiers symptômes de la maladie à raison d’une grande cuillérée du produit dans un peu d’eau.

 

·                    Gingembre : selon les recherches faites, le gingembre a une action contre la substance toxique émise par la bactérie;  il a aussi une action contre les vomissements; boire un thé préparé en faisant bouillir pendant quelques  minutes 3 à 4 rondelles de gingembre dans une tasse d’eau et aussi se servir de gingembre comme épice dans les bouillies. 

 

On aurait tous intérêt à avoir sous la main quelques unes de ces plantes pour pouvoir s’en servir à titre préventif ou en cas d’urgence, à n’importe quel moment du jour ou de la nuit. 


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L'Île d'Hispaniola : Haïti et la république Dominicaine.

Les séismes catastrophiques sur Hispaniola.

L'île d'Hispaniola, bordée au Nord et à l'Est par une fosse de convergence de 8,000 mètres de profondeur, se situe sur l'arc insulaire de Haïti, - aux volcans majoritairement en sommeil depuis environ 1,5 Millions d'années -, à la frontière des plaques lithosphériques transformantes Nord-américaine subductant, à la vitesse de 1,1 centimètres par an, aux Petites Antilles, - Martinique, Guadeloupe..., Îles du Vent et Îles sous le vent -, et décrochant au niveau des Grandes Antilles, - Cuba, Hispaniola, Jamaïque et Porto Rico -, et des Caraïbes. Ces plaques se déplacent ensemble vers l'Ouest-Nord-Ouest, la plaque Nord-américaine de 2,5 centimètres/an et la plaque des Caraïbes de seulement 0,5 centimètres/an. De ce fait, avec une amplitude décrochante de 2 centimètres/an, l'île d'Haïti-Saint Domingue se trouve dans une région dite « transformante » senestre(2).

 

Mouvements absolus des plaques tectoniques dans la région d'Hispaniola. En noir, déplacement vers l'Ouest-Nord-Ouest des plaques Nord-américaine et des Caraïbes. En rouge, encadrant les îles de la Jamaïque, d'Hispaniola et de Porto Rico, la région « transformante » senestre. En gris, la zone de subduction. En rose, les failles, au Nord, de la Tortue, et, au Sud, d'Enriquillo.  

En outre les déplacements des deux plaques lithosphériques entraînent des déplacements coulissants sur les failles qui zèbrent l'Île d'Hispaniola et, inexorablement, créent des mouvements sismiques. Deux failles actives sont nettement identifiées sur l'île d'Haïti/Saint Domingue, l'une, de subduction, de direction Est-Ouest, dite du Canal de la Tortue, de fort dynamisme, responsable de la majorité des secousses sismiques se produisant dans la partie îlienne septentrionale, au large de la côte Nord du territoire haïtien(3), la longeant et pénétrant, se prolongeant, au milieu des terres, dans la vallée du Cibao, en République Dominicaine ; la seconde, de décrochement, dite faille d'Hispaniola ou d'Enriquillo, à l'intérieur des terres, à travers la presqu'île méridionale haïtienne, au jeu sénestre de direction Est-Nord-Est, d'une longueur approximative de 280 kilomètres, courant depuis Tiburon jusqu'à Pétionville, dans la banlieue de Port au Prince, et se prolongeant, en République Dominicaine, par Jimani, dans la Vallée d'Enriquillo.

Les failles d'Enriquillo, - ou faille d'Hispaniola -, et de la Tortue. D'après la carte topographique d'Haïti dressée par Rémi Kaupp.

 La faille d'Enriquillo, au plan sismique, est très active. Elle a contribué à la surrection des deux chaînes montagneuses qui parcourent toute la presqu'île sud, le massif de la Hotte, atteignant 2.347 mètres au Pic de Macaya, et celui de la Selle culminant, au Morne, - ou Pic de la Selle -, à 2.680 mètres, et de l'escarpement sur lequel est bâtie une grande partie de la ville de la capitale haïtienne, Port au Prince, et toute sa banlieue Sud. Cette faille est la cause principale de la majorité des séismes enregistrés dans le sud îlien de l'île d'Hispaniola, tant sur le territoire de Haïti, - Presqu'île Sud de Haïti et région métropolitaine de Port au Prince -, que sur celui de Saint Domingue, - région du lac d'Enriquillo et celle, métropolitaine, de San Domingo -. En outre, Port-au-Prince et ses environs, - Turgeau, Bourdon, Delmas, Fragneau, Musseau, Pétionville... -, sont vulnérables aux séismes par le fait que ces villes sont traversées par un réseau de failles secondaires parallèles ou perpendiculaires à la faille principale active d'Enriquillo.

Ces deux failles principales, - la plaque tectonique des Caraïbes se trouvant compressé entre 5 masses lithosphériques, les plaques Nord et Sud-américaine, des Andes du Nord, de Panama et Cocos -, ont la particularité de résister aux contraintes colossales imposées par les mouvements des plaques Nord-américaine et des Caraïbes. Aussi leurs segments accumulent, durant plusieurs dizaines ou centaines d'années, l'énergie produite par l'intensité des frictions exercées et se relâchent brutalement lors des tremblements de terre toujours suivis de centaines ou de milliers de répliques, sur une très courte durée, de plus ou moins forte magnitude. Lors, quand se produit un séisme, il est toujours de magnitude égale ou supérieure à 7/7,5 sur l'échelle ouverte de Richter et d'intensité IX à XI sur l'échelle MSK(4), et, si l'épicentre de celui-ci se situe en milieu marin, il provoque un tsunami. Les secousses telluriques cessant, une période d'accalmie débute et les compartiments des failles engorgent une nouvelle concentration d'énergie qui ne se libérera qu'avec une nouvelle brusque période d'activité entraînant une rupture sismique et le relâchement des contraintes tectoniques.

 Les séismes catastrophiques sur Hispaniola.

Depuis l'an de sa découverte, en 1492, par Christophe Colomb, un grand nombre de séismes catastrophiques ont gravement affecté l'île d'Hispaniola :

 Le 2 décembre 1562 : Les villes de Santiago et de La Vega sont détruites et la ville de Puerto Plata subit des dégâts majeurs : Magnitude estimée de 7 à 7,5 sur l'échelle de Richter avec une intensité estimée à IX sur l'échelle MSK.

Le 8 septembre 1615 : Toute l'île est touchée et subit des dégâts majeurs. La ville de San Domingo est ravagée. Les répliques, terribles, durent quarante jours : Magnitude estimée de 8 à 8,5 sur l'échelle de Richter avec une intensité estimée à XI sur l'échelle MSK..

Le 9 mai 1673 : entre 6 et 7 heures du matin, la ville de San Domingo, le couvent Santa Clara et la majeure partie des maisons sont détruites : Magnitude estimée de 7,5 à 8 sur l'échelle de Richter avec une intensité estimée à X sur l'échelle MSK.

En 1684 : Bien peu d'informations récoltées sur ce séisme si ce n'est qu'il fut de forte magnitude sur l'échelle de Richter, estimée à 8/8,5, et d'intensité estimée à XI sur l'échelle MSK.

En 1691 : Idem pour ce séisme, les seuls documents existants ne faisant état que d'une très forte intensité, estimée à IX sur l'échelle MSK.

Le 18 octobre 1751 : à 15 et 17 H : Les villes d'Azua et de Port au Prince sont détruites. Tout l'Ouest et le Sud de l'île d'Hispaniola est touché, de plus, par un tsunami : Magnitude de 8 à 8,5 sur l'échelle de Richter avec une intensité X sur l'échelle MSK.

Le 21 novembre 1761 : L'épicentre se serait situé entre Jimani et San Juan, en République Dominicaine, et des documents précisent que les arbres et les pieds de maïs avaient été déracinés, que la terre s'était ouverte et que de nombreux animaux avaient disparu dans les entrailles de la terre ... Intensité IX sur l'échelle MSK.

En 1771 : La ville de Port au Prince est aux trois quarts détruite. Tout le Sud de l'île d'Hispaniola est touché : Magnitude estimée à 8 à 8,5 sur l'échelle de Richter avec une intensité estimée à X sur l'échelle MSK.

Du 7 mai au 10 Mai 1842 : Épicentre se situant entre San Juan et San Domingo. Une véritable catastrophe ruine la quasi totalité de l'île d'Hispaniola. 50.000 à 60.000 morts en Haïti et au moins autant en République Dominicaine. La ville de Santiago est détruite et celle du Cap Haïtien, 5.000 morts sur les 10.000 habitants, de même. De nombreux immeubles s'effondrent à San Domingo. Le palais de Sans Souci et la Citadelle Laferrière ont été endommagés à Milot. Un tsunami ravage les côtes du nord et des vagues de plus de 5 mètres de haut ont été enregistrées à Port de Paix et à Port au Prince. Des documents précisent : « la terre s'ouvre et se ferme avalant un grand nombre de personnes. » : Magnitude 8 sur l'échelle de Richter avec une intensité estimée à IX sur l'échelle MSK.

En 1887 : dans le nord d'Haïti avec des dégâts majeurs à Port de Paix et Cap Haïtien : Magnitude 7,5 sur l'échelle de Richter avec une intensité estimée à IX sur l'échelle MSK

Le 29 décembre 1897 : à 6 h 32 du matin. La ville de Santiago, République Dominicaine, est partiellement détruite : Magnitude de 7 à 7,5 sur l'échelle de Richter avec une intensité IX sur l'échelle MSK.

En 1904 : Dans le nord du pays avec dégâts majeurs à Port de Paix et Cap Haïtien : Magnitude 8 sur l'échelle de Richter avec une intensité estimée à X sur l'échelle MSK.

Le 6 octobre 1911 : La ville de San Juan est très endommagée : Magnitude de 7 à 7,5 sur l'échelle de Richter avec une intensité IX sur l'échelle MSK.

Le 4 août 1946, à 13 heures : Séisme enregistré à Cuba, à Puerto Rico... Ressenti dans toutes les Îles des Grandes et des Petites Antilles, sur les Côtes Sud des États Unis, les côtes Nord de l'Amérique du Sud, et dans toute l'Amérique centrale, - Mexique, Guatemala, Nicaragua Honduras, Panama... -, Nombreux dégâts sur les bâtiments et un tsunami détruit la ville de Matanzas et provoquant de gros dégâts à Nagua : Magnitude de 8,1 sur l'échelle de Richter avec une intensité IX sur l'échelle MSK.

A suivre : Les raisons du séisme en Haïti : 3/3 l'île d'Hispaniola et le volcanisme.. Raymond Matabosch

(2) Région « transformante » : A la limite de plaque transformantes, les plaques glissent l'une contre l'autre. La faille de San Andréas, en Californie, est un exemple de limite de plaque transformante, où la plaque Pacifique glisse le long de la plaque Nord Américaine.

Senestre, ou sénestre, est un terme en vieux français, du latin « sinister », signifiant gauche, par opposition à dextre.

(3) Faille Nord dite aussi faille du Canal de la Tortue : Cette faille active passe entre l'Île d'Hispaniola et l'île de la Tortue. Bien qu'à sa proximité immédiate de l'île d'Hispaniola, l'île de La Tortue fait partie d'un bloc tectonique distinct, du reste d'Hispaniola.

(4) L'échelle de Richter ou échelle ouverte de Richter : L'échelle de Richter permet de mesure l'énergie libérée lors d'un séisme. Plus la magnitude est élevée, plus le séisme a libéré d'énergie. Il s'agit d'une échelle logarithmique, c'est-à-dire qu'un accroissement de magnitude de 1 correspond à une multiplication par 30 de l'énergie et par 10 de l'amplitude du mouvement.

L'échelle de Medvedev-Sponheuer-Karnik, aussi appelée échelle MSK, est une échelle de mesure de l'intensité d'un tremblement de terre. Elle décrit les effets d'un tremblement de terre en termes de destructions des installations humaines et de modifications de l'aspect du terrain, mais également en termes d'effets psychologiques sur la population, - sentiment de peur, de panique, panique généralisée -. Cette évaluation qualitative très utile ne représente en aucun cas une mesure d'un quelconque paramètre physique des vibrations du sol .

 Courtoisie: Haiti-Connexion-Culture

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Tremblement de terre du 12 Janvier  2010: pourquoi  a-t-il été aussi catastrophique?

Par Michel Legagneur

Beaucoup de gens ne savaient  pas qu' Haiti est vulnérable aux tremblements de terre.  Entre  l'année 1751 et l'année 1904 plusieurs  séismes  plutôt majeurs ont été enregistrés parmi lesquels ceux de 1751 et 1771 qui détrusirent  Port-au-Prince,  ses environs et d'autres régions du pays; celui de 1842 qui ruina presque toute l'ile (particulierement Cap-Haitien et Port de Paix) et causa la mort de  plus de 60,000 Haitiens;  celui de 1904  qui fit des dégats considérables dans le Nord etc…Apparemment rien de majeur ne s'est produit depuis et ce  calme  devrait être un signe plutôt inquiétant.

En effet, l'énergie énorme accumulée depuis1904 résulta dans le séisme du 12 Janvier 2010. D'une magnitude de 7.0 (sur l'échelle de Richter) et suivi de nombreuses répliques heureusement moins puissantes, il ruptura un segment (d'une longueur de 40 kilometres) de la faille d'Enriquillo. Avec  Port-au-Prince pour centre,  les  régions et villes situées dans un cercle de rayon d'à peu près 60 kilomètres furent furieusement touchées: destruction  physique  massive de Port-au-Prince, de Léogane, de Jacmel, de Petit-Goave et de Grand-Goave etc… accompagnée  de plus de 200,000 morts et 250,000 blessés . 

La reconstruction de la Capitale et de ces autres villes prendra plusieurs années. Suffisamment de temps, peut-être, pour  les Haitiens et leurs dirigeants  d'apprendre et de digérer une leçon importante:  les tremblements de Terre se produisent en Haiti et la probabilité  d'occurrence d'un autre aussi majeur que celui du 12 janvier 2010 ne sera jamais Zéro(0). Ce qui signifie  qu'il  peut se produire demain ou dans un autre siècle ou dans mille ans.  Haiti doit commencer déja à se préparer pour cette éventualité et cette reconstruction doit nécessairement refléter cette leçon.

Pourquoi ce séisme a-t-il été aussi catastrophique et aussi meurtrier?. Pourquoi tant d'édifices ont-ils été détruits ou endommagés?

Première raison:  l'Ampleur du tremblement

A cause de sa magnitude et sa proximité de Port-au-Prince (son épicentre était à peu près à 15 km de la Capitale) et d'autres villes avoisinantes, il a causé de très fortes vibrations et secousses - pendant une interminable demie-minute. S'il faut croire certains physiciens-géologues, ces secousses ont généré une quantité d'énergie supérieure à celle libérée par la bombe atomique d'Hiroshima, au Japon en 1945.

Deuxième raison: Absence de Standards et de Normes  dans les constructions

Il est impossible de prédire quand un séisme se produira et encore moins controler ses effets. Cependant, l'absence totale de standards et de normes - normes antiséismiques - a résulté dans des édifices mal concus et contruits. Ils n'ont offert aucune résistance aux puissantes secousses du tremblement.  En Haiti où il n'y a virtuellemnt pas de bois de construction, les maisons sont en bloc de béton et leurs ossatures, le plus souvent, ne sont pas adéquatement renforcées.

"La plupart de ces maisons - affirment certains experts en construction - n'ont qu'une armature en béton armé et rien en matière de renforcement séismique. En fait, en scrutant les photos de certains batiments effondrés de plusieurs étages, on peut réaliser que des colonnes plutôt  minces soutiennent des dalles de béton très lourdes. Le contenu en acier de ces armatures est minime. "

Ce genre de construction peut-être approprié pour les régions non sujettes aux tremblements de terre où les structures sont concues pour supporter seulement des forces verticales telles celles causées par le poids des matériaux de construction. Cependant les tremblements de terre secouent ces mêmes structures horizontalement aussi.   Les colonnes minces qui ne disposaient pas de la capacité de plier un petit peu se sont vite écroulées écrasant la plupart des maisons et transformant  Port-au-Prince et d'autres villes en une vision apocalyptique de béton.

"Des colonnes plus fortes auraient, s'il faut croire certains ingénieurs en construction, probablement  résisté aux assauts des forces séismiques si ells étaient proprement connectées aux poutres ou dalles (planchers) par des barres d'acier supplémentaires allant des colonnnes aux  poutres- ce qui aurait permis un transfert continu des forces d'un élément d'une structure à un autre".

Lorsque cette absence de  Normes au niveau de la construction des édifices, est accompagnée d'une absence des  règlements de Zonage, il en résulte des constructions  chaotiques, des batiments fragiles et des bidonvilles tous très vulnérables à certaines catastrophes naturelles. Port-au-Prince, avant ce tremblement de terre, était dangereusement surpeuplée de "maisons ou baraques" de fortune construites n'importe  où ( sur les flancs  des  collines escarpées  et dénudées entourant la ville,  dans les ravines  ou les lits secs de cours d'eau etc… ) - ou n'importe comment (en blocs de béton faits avec du ciment pauvrement mélangé à du sable de mauvaise qualité); en général, avec  des matériaux de construction qui laissent beaucoup à désirer. Cette situation a rendu ce séisme beaucoup plus meurtrier qu'il l'aurait été s'il avait frappé une région plus robuste et des villes dotées de maisons mieux construites, moins fragiles ou vulnérables. Le séisme de 12 janvier 2010 n'est pas exceptionnel. Celui de 1989 à San Francisco était de magnitude comparable et pourtant il n'a tué que 63 personnes. Pierre Vilote, un physician-géologue, articula précisément le problème en déclarant : " Si la secousse a été aussi dévastatrice, c'est parce qu'elle a frappé un pays d'une très grande vulnérabilité- vulnérabilité dans ses infrastructures, ses constructions et ses moyens de secours." Il ne serait pas insensé de conclure  qu'un tremblement de terre de magnitude beaucoup plus faible aurait, probablement, infligé des domages aussi considérables.

Reconstruire Port-au-Prince et Haiti sera un projet couteux et de grande envergure. Cependant, avant même de commencer cette reconstruction, il sera nécessaire d'avoir en place un gouvernement fonctionnel et visionaire capable de fixer les paramètres de la nouvelle Port-au-Prince, de la nouvelle Haiti et à même de gérer et superviser cette lourde tache.

Cette reconstruction doit nécessairement inclure la participation de nombreux architectes et ingénieurs à qui il incombera de concevoir l'Haiti de demain. Ils devront préconiser une transformation physique graduelle, profonde et bien pensée du pays. Une tache qui exigera, peut-être une architecture nouvelle.  Parce que il faut penser à diminuer considérablement l'impact de désastres de la sorte à l'avenir.

Dans ce contexte, Haiti  doit développer un système de Zonage adéquat et adopter un Code de Construction  avec des éléments paraséismiques. Il est question de ne pas batir n'importe où  avec du béton, de l'acier  ou d'autres matériaux de mauvaise qualité.

  Un système de Zonage servira à identifier et dresser une carte  des zones de  hazards séismiques et  des régions propices aux éboulements ( flancs des mornes et collines, ravines, lits de cours d'eau  etc…) et à interdire toute construction d'édifices habitables dans ces zones fragiles.  Le Code de construction doit être moderne avec des standards internationaux qui permettront non seulement de réduire les risques d'effondrement des maisons mais aussi contribueront énormément à l'érection de l'Haiti du futur. Sa capitale et ses autres villes seront dorénavant dotées d'édifices robustement construits capable de résister aux effets des tremblements de terre les plus dévastateurs ou d'autres désastres naturels.

Les standards du Code International de Construction des Edifices sont des plus adéquats et peuvent être adoptés sans difficulté. On n'a pas besoin de "réinventer la roue".

Cependant l'adoption d'un système de Zonage et d'un Code de Construction se révèleront des exercices  plutôt futiles  si les architectes, ingénieurs et techniciens Haitiens de la construction ne reçoivent pas une formation technique et éthique adéquate et si un Organisme d'Implémentation puissant n'est pas crée.  Sa tache sera d' assurer, d'une façon ou d'une autre, le respect total des Normes et Standards  fixés.

Les autres raisons

Surpeuplement urbain/Pauvreté

CNN nous a montré les images poignantes de ces multitudes de gens: hommes, femmes et enfants vivant à fleur des rues, terrifiés par les répliques continuelle et angoissés par l'incertitude… tant de femmes  qui  racontent qu'elles ont perdu  un, deux et même trois enfants des fois et qui se demandent, les larmes aux yeux, comment  elles vont faire pour nourrir les deux ou trois autres qui ont survécu…

Pendant les 30 dernières années, il est estimé que plus de 70,000 Haitiens ont laissé les Provinces où dominent le chomage et la pauvreté pour s'établir à Port-au-Prince. La population de la Capitale est passée de plus de 700,000 en 1982 à plus de 3 millions avant le séisme.  Ces gens qui fuyaient les conditions de vie parfois désespérées de leurs régions d'origine se sont retrouvées dans une Port-au-Prince incapable de leur offrir mieux. Pas de travail, pas de logements adéquats, pas de soins sanitaires etc… La grande majorité d'entre eux vivaient  entassés comme des sardines dans de frêles maisons généralement mal construites sur les flancs de collines déboisées et instables. Des dizaines de milliers d'entre eux ont succombé sous les décombres de ces " véritables maisons de fortune" pendant le séisme.

Ce qui me fait penser à cette assertion du Professeur Mutter de l'Université de Colombia: "Ce ne sont pas les tremblements de terre qui tuent, ce sont généralement les maisons pauvrement construites". Ces maisons ont été construites ainsi à Port-au-Prince, à Jacmel, ou à Petit-Goave etc… parce que les gens sont pauvres et  ne pouvaient se permettre que des matériaux de construction inadéquats ou des contremaitres non qualifiés ou sans scrupules. Les nombreuses morts ensevelies sous ces maisons aplaties sont victimes et du tremblement de terre et de cette pauvreté.

  La reconstruction d'Haiti ne peut pas se faire sans l'éradication de ces fléaux que constituent le surpeuplement (urbain et rural) et l'une de ses séquelles, la pauvreté qui force 80% des habitants ( plus de 7 millions de gens) à survivre avec moins de $2 par jour. Une Haiti moins peuplée et moins pauvre sera une Haiti plus sécurisée.  

Défaillance de L'Etat Haitien et de son système de secours

La lenteur avec laquelle l'Etat Haitien et le système de secours ont réagi à cet évènement cataclysmique a été l'objet de pas mal de critiques et des `reporters' internationaux et des Haitiens en général. En effet, des premiers secouristes (policiers, sapeur-pompiers, infirmiers et ambulanciers, quelques simples brancardiers etc…) qui pourraient sauver des vies immédiatement après le séisme ont été invisibles. Nous avons tous été témoins du spectacle de certains survivants courant à pieds vers l'Hôpital Général - l'un des rares hôpitaux qui n'ont pas été détruits - avec, dans les bras ou sur les épaules ou sur le dos, des blessés ...Combien écoeurant et frustrant d'apprendre que cet hopital, le plus grand de la Capitale, n'a pas pu sauver la vie de ces blessés parce qu'il ne disposait pas d'antibiotiques ou de quelques autres simples médicaments ou équipements! Des morts que Anderson Cooper de CNN et d'autres ont  justement qualifié de `mort stupide' (stupid death).

Nous avons vu des survivants couverts de poussière et de sang  essayant, avec leur mains nues, de se frayer un passage sous des montagnes de béton aux fins d'atteindre un parent, un ami  et même un étranger qui criait "au secours".

 Autant d'actes de courage et d'humanité qui resteront à jamais gravés dans les mémoires et   qui ont contrebalancé l'indifférence du Gouvernement et au niveau des premiers secours et dans l'effort subséquent de soulagement des sinistrés. L'absence apparente d'un minimum de compassion pour un peuple affamé et sans abris - des millions d'enfants, de femmes et d'hommes réfugiés dans leur propre pays -  défie la compréhension et la décence,  même dans cette société qui n'a jamais valorisé les vies de la grande majorité d'Haitiens. Cette société qui n'a pas été outragée quand un gendarme a abattu un citoyen affamé qui s'était accaparé d'un sac de riz d'un super marché effondré. 

L'exode de Port-au-Prince vers les villes et campagnes a commencé par mer, terre et même à pieds-  prélude, peut-être,  de la décentralization tant souhaitée de la Capitale? Voilà une excellente opportunité pour l'Etat Haitien de se racheter en essayant, par tous les moyens,  d'encadrer les nouveaux-venus et de faciliter leur participation active dans le développement du pays.

Pour construire l'Haiti nouvelle et moderne il est impératif de changer cette culture qui s'est toujours foutue pas mal de la qualité de la vie et du bien-être relatif de la grande majorité des Haitiens.  Cela s'accomplira en dotant Port-au-Prince et Haitie en général de l'infrastructure qui  "valorisera" la vie de  tout un chacun .

Michel Legagneur est un physicien spécialisé en médecine nucléaire

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Où frappera le prochain séisme de grande ampleur?

Où frappera le prochain séisme de grande ampleur?

Les cinq sites les plus exposés de la planète.

 

Le tremblement de terre qui a dévasté Haïti, laissant dans son sillage un terrible bilan humain, a surpris beaucoup de monde. Il existe pourtant d'autres endroits qui présentent une activité sismique non négligeable et dont on parle peu. Voici cinq sites que les géologues classent parmi les régions qui pourraient être le théâtre d'un séisme de forte intensité.

ÉTATS-UNIS, DELTA DU MISSISSIPPI INFÉRIEUR

Ligne de faille: Nouvelle Madrid

Dernier séisme de grande ampleur: 1812

Raisons d'être vigilant

Une série de tremblements de terre survenus au début du 19ème siècle le long de la faille de la Nouvelle Madrid - qui s'étend sur certaines parties de l'Illinois, du Missouri, de l'Arkansas, du Kentucky, du Tennessee et du Mississippi - a inversé le sens du débit du Mississippi. Les secousses ont aussi fait teinter des cloches d'église à Boston et touché une zone trois fois plus grande que celle affectée par le séisme de San Francisco de 1906.

Il y a deux cents ans, le nombre de personnes en danger était négligeable. Aujourd'hui, les principales villes de Saint Louis et de Memphis se situent dans la zone à risque, sans doute la ligne de faille la plus menaçante des Etats-Unis. L'agence américaine des situations d'urgence, la FEMA, a lancé une mise en garde en 2008: un tremblement de terre majeur au niveau de la faille de la nouvelle Madrid pourrait provoquer les «plus graves dégâts économiques dus à une catastrophe naturelle qui frapperait les Etats-Unis», dans une large mesure à cause d'un manque relatif de préparation aux séismes, comparé à la Californie et au Nord-Ouest Pacifique.

TURQUIE

Ligne de faille: Anatolie du Nord

Dernier séisme de grande ampleur: Duzce, 1999

Raisons d'être vigilant

Le séisme d'Izmit (1999), ville située non loin de la côte de la Mer Noire, au sud-est d'Istanbul, a tué près de 18.000 personnes. Les secousses d'Izmit étaient les dernières d'une série de tremblements survenus ces 70 dernières années en direction de l'ouest dans toute la Turquie. A peine trois mois plus tard, une réplique a fait presque 900 morts. Ces quarante dernières années, la Turquie a connu plus de six séismes faisant plus 1.000 victimes mortelles.

Plus inquiétant, les scientifiques pensent que le prochain séisme pourrait se produire légèrement à l'ouest d'Izmit et directement au sud d'Istanbul, qui ne compte pas moins de 12 millions d'habitants! Le cumul de l'activité sismique pourrait en fait engendrer quelques événements de moindre importance plutôt qu'un unique méga-séisme. Ce qui n'est tout de même pas pour rassurer la population de cette ville au patrimoine historique d'une richesse unique.

AUSTRALIE

Ligne de faille: entre les plaques pacifique, philippine et eurasienne

Dernier séisme de grande ampleur: Newcastle, 1989

Raisons d'être vigilant

Contrairement aux autres pays de cette liste, l'Australie ne se trouve pas sur une ligne de faille comprise entre deux plaques tectoniques. En fait, le pays occupe une zone intraplaque, ce qui constitue un motif de vigilance. L'activité sismique de l'Australie est le résultat de mouvements tectoniques qui s'opèrent loin du continent. Cela revient à dire qu'aucune région d'Australie n'est à l'abri de secousses telluriques et que celles-ci sont extrêmement difficile à anticiper.

Heureusement, la plupart des séismes australiens, y compris dix d'une magnitude supérieure à 4 qui se sont produits en 2008, ont touché le centre du pays, une région aride. Les dégâts ont donc été très limités. Mais le caractère imprévisible des secousses a engendré un sentiment de sécurité qui ne correspond pas à la réalité des menaces. Les matériaux de construction utilisés dans des grandes villes comme Sydney sont vieux et usés à cause de la corrosion et, d'une manière générale, fragiles, comme l'a montré un séisme relativement mineur (de magnitude de 5,5) qui a eu lieu en 1989 à Newcastle et a provoqué des dégâts d'un montant dépassant le milliard d'euros. Un tremblement de terre à Sydney - dont la population est quinze fois supérieure à celle de Newcastle - serait beaucoup plus meurtrier.

NÉPAL

Ligne de faille: chevauchement frontal (HFT), chevauchement principal bordier (MBT), chevauchement principal central (MCT) himalayens http://www.alpesgeo2003.fr/cr%20formation%20himalaya/FORMATION%20HIMALAYA.htm

Dernier séisme de grande ampleur: région frontalière entre le Népal et l'Inde, 1988

Raisons d'être vigilant

Tout à fait au sud de la chaîne himalayenne, à seulement 240 km au sud-ouest du Mont Everest, la capitale du Népal, Katmandou, se situe à la jonction entre les plaques indienne et eurasienne. Bien qu'on n'ait enregistré aucun séisme majeur dans cette région ces dernières années, les géologues avertissent que la présence de nombreuses failles le long des montagnes himalayennes comporte le risque d'un événement sismique de très grande ampleur dans la capitale népalaise.

Le plus grave, c'est que le pays est très mal préparé contre les tremblements de terre: les techniques de construction népalaises sont inadaptées et la population urbaine ce cesse de croître. L'absence d'activité sismique récente est d'autant plus inquiétante que, généralement, plus l'intervalle entre les séismes est long, plus le prochain tremblement risque d'être particulièrement puissant. Comme Haïti, le Népal a été bouleversé par des troubles politiques récents. La guerre civile qui a duré 10 ans a pris fin en 2006; depuis, on ne peut pas dire que le Népal ait vraiment connu de stabilité politique ou de développement économique. Aussi, les pouvoirs publics n'ont-ils pas pu se prémunir contre les catastrophes naturelles.

JAPON

Ligne de faille: ligne tectonique médiane, ligne tectonique d'Itoigawa-Shizuoka, ligne tectonique de Tanakura

Dernier séisme de grande ampleur: Grand séisme de Hanshin-Awaji, 1995

Raisons d'être vigilant

Le Japon, c'est connu, est un pays à risque sismique. On se rappelle par exemple les secousses qui ont fait trembler Kobé en 1995, tuant 6.400 personnes. Grâce à leur expérience des tremblements de terre, les Japonais ont investi de façon considérable dans la préparation aux séismes et dans des infrastructures sismo-résistantes. Pour autant, ils ne doivent pas sous-estimer les menaces.

Le danger est d'autant plus important que la densité démographique des villes japonaises est énorme. Si un puissant séisme frappe des mégapoles comme Tokyo ou Kyoto, le nombre de tués pourrait atteindre 60.000, voire plus. Le bilan du grand séisme de Kanto (1923) dépasse largement les 100.000 morts. En outre, l'activité sismique au large des côtes japonaises rend le pays vulnérable aux tsunamis. Autre risque à ne pas négliger: le Japon repose dans une large mesure sur l'énergie nucléaire, or un tremblement de terre survenu en 2007 avait provoqué une dangereuse fuite dans la centrale nucléaire de Kashiwazaki.

Andrew Swift

Traduit par Micha Cziffra

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Image de une: Village de tente à Port-au-Prince, REUTERS/Carlos Barria

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