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INFO HAITIENNE

POLITIQUE

Haïti : La continuité a toujours été une affaire de subalternes plus incapables que son prédécesseur.

Par Cyrus Sibert, Cap-Haïtien, Haïti.
Radio Souvenir FM, 106.1 :
souvenirfm@yahoo. fr

Le Ré.Cit. (Réseau Citadelle) : www.reseaucitadelle.blogspot.com

 

Le 17 octobre 2010, à l’occasion du 204e anniversaire de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines, le Chef de l’Etat, René Préval, a invité le peuple haïtien à voter pour la continuité. Il entendait par là orienter l’électorat vers son dauphin Jude Célestin qui, selon ses vœux, devrait le remplacer à la tête de l’Etat d’Haïti pour continuer sa politique exclusiviste et monopolistique.

Pourtant, historiquement, le choix d’un poulain pour la continuité en Haïti a toujours été un désastre. Faustin Soulouque en est une figure emblématique. La cause, dans toute l’histoire d’Haïti, le choix d’un dauphin pour la continuité est basé  sur la logique  « court-termiste » qui consiste à  choisir une personne fidèle et surtout faible d’esprit, facilement manipulable.

Point n’est besoin de comparer Toussaint Louverture et Jean-Jacques Dessalines, il n’est pas nécessaire de rappeler le choix de Soulouque pour prouver que le dauphin est traditionnellement moins intelligent que son mentor ou son prédécesseur. François Duvalier avait jeté son dévolu sur son garçonnet de 18 ans, un jeune épicurien qui a conduit son régime à la faillite.

Plus proche de nous, dans les années 90, l’intelligentsia de la gauche haïtienne choisit Jean Bertrand Aristide avec l’espoir qu’elle pourra dominer le prêtre limité par la métaphysique de la théologie de la libération. Après son élection le 16 décembre 1990, Aristide nomma René Préval  Premier Ministre. Ainsi, il rejetât les hommes les plus formés de sa plate-forme comme Rosny Smart, Smack Michel, Victor Benoit, Gérard Pierre-Charles...  Avec la certitude de pouvoir dominer la Primature, il décida de faire de Préval, homme faible d’esprit, plus faible que lui, son frère jumeau. Il le plaça à la tête de FAES (Fonds d’Assistance Economique et Sociales) avant de le propulser comme Président de la République. Une doublure de plus dans l’histoire d’Haïti.

Comme s’il ne ferait pas appel à un médecin bien formé à l’école de médecine pour soigner sa famille, ni d’un avocat bien formé à la faculté de droit pour défendre ses intérêts, il avait répandu dans les milieux populaires des commentaires contre les intellectuels, les indexant pour responsables de la situation du pays.

Aujourd’hui, ce René Préval qui était considéré par Jean-Bertrand Aristide comme un idiot facilement manipulable, cherche et trouve Jude Célestin comme poulain dont il entend se servir comme figurant à la présidence. En toute logique, Préval le prend pour un incapable dépendant des idées reçues qu’il pourra facilement manipuler. Si la perception du Président de la République est conforme à l’état objectif de l’homme, il ne pourra en aucun cas conduire la reconstruction du pays. Car, s’il est plus dégénéré que son mentor qui lui aussi était plus incapable que Jean-Bertrand Aristide, Jude Célestin ne pourra sortir Haïti du trou.

Alors que depuis 20 ans nous assistons à une descente aux enfers avec l’arrivée de leaders de plus en plus nuls, pour garantir, dans un souci de contrôle, la continuité d’un leadership nihiliste et le maintient au pouvoir d’un secte de débiles, de criminels et de corrompus, les problèmes du pays ne font qu’augmenter. La logique de cause à effet fera le reste! La mauvaise gouvernance laisse irrésolus des dossiers qui à un certain moment produisent des catastrophes. Les inondations aux Gonaïves sont le résultat de l’absence totale de mesures de curage des lits des rivières, d’absence de contrôle sur l’abattage des arbres, sur l’environnement, les constructions dans les lits des rivières, etc ; les 300,000 morts de la capitale lors du séisme du 12 janvier 2010 est le résultat des constructions anarchiques sans normes parasismiques ; l’épidémie de choléra actuelle, le résultat d’absence de structures d’hygiène publique, des centres de soins, etc. Des institutions qui existaient dans le temps.

On peut facilement comprendre que pour un poulain plus faible d’esprit au bout de la chaine, il y a plus de problèmes en Haïti. Une situation qui normalement exige un leader compétent, capable et qualifié. Dans la logique de Préval, le dernier des Chefs d’Etat qui cherchent à garder le pouvoir au travers d’une marionnette, ce n’est pas les résultats qui comptent. Alors, il cherche un homme plus inepte que lui pour être catapulté au pouvoir.

Sur une échelle de niveaux (1) un à (10) dix, si l’intelligentsia avait choisi Aristide auquel nous attribuons le niveau (8) huit pour avoir été un prêtre formé  avec des connaissances pratiques de la réalité haïtienne, Préval son poulain plus fiable que lui serait de niveau 4. Le bilan de la gouvernance de Préval prouve qu’il n’est rien qu’un simple chef de bande sans vision, obsédé par l’instinct de survie et la jouissance dans tous les sens. Un homme obsédé par son libido dominandi. Ce que beaucoup d’observateurs candides applaudissent comme une capacité politique à dominer la scène politique haïtienne n’est rien qu’un ensemble de manœuvres que n’importe quel chef de gangs de Cité soleil pourrait tenter dans le but de survivre. Toujours sur cette échelle de (1) à (10), le figurant de Préval, Jude Célestin ne peut se trouver qu’au niveau (2) deux. La logique reste et demeure que le poulain doit être un faible d’esprit incapable et dépendant de son mentor qui logiquement chercherait un homme ayant au plus, la moitié de ses capacités.

Sur le plan parlementaire, Aristide de niveau 8 avait accepté des professionnels, des médecins avec une certaine capacité intellectuelle. Ayant été un prêtre formé, il n’éprouvait aucun problème à s’entourer des jeunes loups comme Dr Prince Pierre Sonson, Dr Gérald Gilles, Dr Martineau Guerrier, Dany Toussaint … Il les considérait comme plus faibles que lui. Préval de niveau 4, choisit des hommes comme John-Joël Joseph, Moise Jean-Charles,…  Ne faisant pas confiance à des hommes comme Dr Kelly C. Bastien, Me Youri Latortue et Dr Roudy Heriveaux, il cherche à les remplacer par une nouvelle vague de parlementaires plus faibles encore qui n’oseront pas discuter les ordres du régime. Les groupes monopolistiques de la bourgeoisie qui l’entourent, aiment bien avoir affaire à des abrutis incapables de discuter quoi que ce soit. Ces mêmes hommes qui avaient commandité l’arrivée de Soulouque au pouvoir, supportent les démarches du Chef de l’Etat.

Les élections, le parlement, en un mot toute cette apparence procédurale de la démocratie sert à légitimer cette déchéance de leadership à la tête de l’Etat haïtien. Une situation causée par une absence de volonté de juguler les dérives totalitaires des hommes au pouvoir et  le refus du principe d’alternance. En conséquence, les élections deviennent une aberration avec toutes les scènes de violence, de fraudes massives, d’assassinats, que nous connaissons. (Lisez : Peut-on organiser des élections crédibles avec René Préval? By Cyrus Sibert *)

Face  à cette tragédie, la communauté internationale se contente de constater la situation et de trouver toutes formes d’explications relativistes en termes de « jeune démocratie » pour valider le désordre et accueillir des leaders de plus en plus incompétents, de plus en plus criminels liés à la drogue, à la mafia… Elle en trouve une satisfaction d’avoir un interlocuteur incapable de discuter correctement l’application de son agenda  de gouvernement mondial en Haïti.

Dans cette logique de leaders plus incapables que son prédécesseur, qu’adviendra t-il si Jude Célestin, de niveau 2, déciderait de choisir son successeur pour une nouvelle continuité  dans le désordre? Les prochains parlementaires ne seront-ils pas plus tarés que John Joël Josep et Moise Jean-Charles ? Avec un pays à reconstruire, pouvons-nous continuer à descendre à un niveau plus bas dans la représentation républicaine? Ne devons nous pas casser cette chaine de la médiocrité au pouvoir  en optant pour un système qui garantit que ceux qui agissent en notre nom œuvrent pour la paix, la prospérité et le respect de nos droits les plus précieux ? 

* http://reseaucitadelle.blogspot.com/2010/10/peut-on-organiser-des-elections.html

RESEAU CITADELLE (Le Ré.Cit), le 31 Octobre 2010, 15 heures 53.



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DEPLACEMENT EN HAITI
ALLOCUTION
DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE,
NICOLAS SARKOZY,
DEVANT LA COMMUNAUTE FRANCAISE

 

(Port-au-Prince, 17 février 2010)

Monsieur le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies,

Mes Chers Compatriotes,

Chers Amis haïtiens,

Il y a un peu plus d'un mois maintenant, le 12 janvier, à 16h53, en moins d'une minute, la nature a infligé à Haïti et à son peuple la pire blessure de son histoire.

Des centaines de milliers de vies ont été englouties, brisées ou mutilées dans cette effroyable tragédie.

Parmi elles, trente de nos compatriotes ont péri. Trois sont encore portés disparus. Des gendarmes de la Mission des Nations unies, des enseignants ; des jeunes gens engagés volontaires, des femmes et des hommes de religion. Tous portés par le même idéal : servir Haïti, ce pays qu'ils ont tant aimé, au prix même de leur vie.

Je vous demande d'observer une minute de silence, à la mémoire de toutes ces victimes, avec une pensée particulière pour leurs familles et pour leurs proches.

(Minute de silence.)

Mes Chers Compatriotes,

Chers Amis haïtiens,

Aujourd'hui, je veux vous le dire avec solennité, mais du fond du cœur : nous nous sentons citoyens d'Haïti.

Ce drame, par sa violence inouïe, par son amplitude, nous a profondément touchés. Ce drame a endeuillé l'humanité toute entière.

Les images atroces, insoutenables, des corps prisonniers dans le béton, mutilés, défigurés, continueront longtemps à vous hanter.

Ces images nous ont bouleversés. Ces milliers de vies emportées, cette désolation. Avec le ministre, il m'a été donné, ce matin, de les partager dans la peine avec le président Préval, et à travers lui, avec toute la nation haïtienne.

Port-au-Prince est une ville martyre. Je veux vous dire l'émotion qu'a soulevée dans toute la France cette vision d'un peuple démuni sur lequel le sort s'acharne.

Je veux aussi vous dire l'admiration et le respect de tous ceux qui à travers le monde ont assisté à cette incroyable leçon de courage et de dignité donnée par le peuple haïtien. Meurtrie, au cœur d'une nuit qui semble ne jamais devoir finir, la nation haïtienne est demeurée debout.

J'ai tenu à vous réunir ici, sur les lieux-mêmes où vous avez compté les premières victimes, françaises et haïtiennes, sur les lieux-même où se sont organisés les premiers secours, sur les lieux-même où notre petite communauté a su faire bloc autour de notre ambassadeur auquel je tiens, avec Bernard Kouchner et Alain Joyandet, à rendre un hommage tout particulier.

Ensemble, soudés dans l'épreuve, vous avez montré de la France le meilleur visage : le visage de la générosité, de l'action et de l'efficacité.

Longtemps, nos compatriotes garderont en mémoire le sourire radieux des secouristes français pour chaque vie sauvée. Pour chacune de ces vies que vous avez su extraire des décombres, ces vies sauvées donnent un sens à votre engagement et à votre vie à vous.

Nous n'oublierons pas le travail harassant, opiniâtre, dévoué, des équipes de médecins français, chirurgiens, urgentistes, infirmiers, de l'ensemble des personnels de santé. J'ai vu ce matin le travail que vous êtes capable de faire dans l'hôpital de campagne déployé dès les premiers jours au Lycée français.

Je veux rendre hommage au concours déterminant des armées françaises. Au soutien sans faille des Forces françaises des Antilles. Aux innombrables rotations aériennes depuis nos départements ultra-marins. A l'engagement des forces terrestres, à la mobilisation des navires "Siroco" et "Francis Garnier" de la Marine nationale, qui ont acheminé près de 2000 tonnes de fret humanitaire. Je veux rendre hommage à nos gendarmes, à nos policiers. A l'engagement remarquable des détachements du service militaire adapté de Guadeloupe et de Martinique qui ont pris une part décisive aux secours.

Je veux également saluer la communauté des ONG, notamment des ONG françaises. Beaucoup d'entre vous étiez présents en Haïti depuis longtemps. D'autres sont venus vous rejoindre au lendemain du séisme. En tout cas vous vous êtes portés les premiers sur le front des secours et de l'aide.

Beaucoup de nos grandes entreprises se sont mobilisées dans la phase d'urgence, je pense à EDF qui a rétabli l'éclairage public au Champ de Mars, Suez et Veolia qui ont réparé des conduites d'eau. Plusieurs centaines de milliers d'Haïtiens ont aujourd'hui accès à de l'eau potable grâce à des ONG et grâce à des entreprises françaises.

La solidarité des Français a permis de collecter 65 millions d'euros.

Enfin, je veux rendre hommage à l'action des Nations unies, qui ont payé un très lourd tribut à la catastrophe : Monsieur le Représentant spécial, transmettez au Secrétaire général de l'ONU et à toutes les familles des personnels des Nations unies disparus, transmettez le salut fraternel de la France.

Au-delà de l'urgence, que pouvons-nous faire pour aider ce pays qui nous est si cher ?

Ma présence en Haïti, la première d'un chef d'Etat français depuis l'indépendance, revêt une résonance particulière.

Il ne s'agit pas seulement dans mon esprit de tourner le dos au passé, celui d'une histoire commune riche mais d'une histoire douloureuse. Ne nous voilons pas la face. Notre présence ici n'a pas laissé que de bons souvenirs. Les blessures de la colonisation et, peut-être pire encore, les conditions de la séparation ont laissé des traces qui sont encore vives dans la mémoire des Haïtiens.

Je suis venu dire au peuple haïtien et à ses dirigeants que la France, qui était la première sur le terrain après la catastrophe, restera solidement à leurs côtés pour les aider à se relever et à ouvrir une nouvelle page, heureuse, de leur histoire. La France sera à la hauteur de ses responsabilités, de son histoire partagée et de son amitié avec Haïti.

Mais à ceux qui, tirant argument du dénuement actuel des Haïtiens, caresseraient l'idée d'une tutelle internationale sur Haïti, je veux dire sans ambiguïté que le peuple haïtien est meurtri, que le peuple haïtien est épuisé, mais que le peuple haïtien est debout. L'aide internationale devra être massive, devra s'inscrire dans la durée. Mais c'est aux Haïtiens et à eux seul de définir un véritable "projet national" et ensuite de le conduire, parce que c'est de leur pays et de leur avenir qu'il s'agit. Le rôle de la communauté internationale, et celui de la France, c'est d'aider les Haïtiens à reprendre le contrôle de leur destin.

Il faut également que la reconstruction profite à tous et à tous les territoires : pas seulement à une petite partie de la population qui se partage déjà ses richesses ; pas seulement à la "République de Port-au-Prince" contre le "pays du dehors" : si le bilan humain et matériel du séisme est si lourd, c'est parce que 2 millions de Haïtiens et l'essentiel de l'activité économique étaient concentrés dans cette ville hypertrophiée qui avait été conçue pour à peine 300.000 habitants.

Enfin, l'effort de reconstruction devra créer les conditions en Haïti d'un développement durable, endogène, pour libérer progressivement les Haïtiens d'une dépendance à l'égard de l'aide internationale qui a étouffé l'initiative et l'activité d'un peuple dont chacun célèbre pourtant, à travers le monde, la créativité et le dynamisme.

Le 12 janvier, il n'y a pas que le sol qui a tremblé. Les lignes de la société haïtienne ont bougé. Le réveil est infiniment douloureux. Mais nous vivons un moment charnière, un moment de vérité pour Haïti.

A la place du chaos et des pillages qu'on nous prédisait, on a vu des foules s'organiser, on a vu des foules se recueillir dans le calme et la dignité. Le peuple des mornes a occupé la ville, pacifiquement. Les mots que l'on croyait ici oubliés depuis longtemps ont ressurgi : solidarité, intérêt général, projet national.

Mes Chers Compatriotes, un peuple comme celui-là ne peut pas mourir. Soyez fiers de l'avoir secouru. Soyez fiers d'être encore à ses côtés au moment où il reprend le contrôle de son destin. La France, et je l'annoncerai dans quelques instants, fera un effort exceptionnel pour aider nos amis haïtiens.

Vive la France ! Vive la République et vive Haïti !./.

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Urgence de la Formation d’un Conseil d’Etat

 

Par Jean Erich René

erich@mondenet.com

Compte tenu de la complexité de la problématique haïtienne il est quasi-impossible pour un seul personnage qu’on appelle Président d’en arriver à bout. Le Gouvernement préval Bellerive est dépassé par l’ampleur de la tâche à accomplir.
 "Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon a déclaré qu'il ne pouvait imaginer meilleur dirigeant que le Président Clinton pour s'acquitter de cette tâche" a relaté son porte-parole, M. Nesirky.

 

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=16829

 

Pourtant le test de performance de Bill Clinton en Haiti s’est révélé défavorable après le retour d’Aristide accompagné de 20.000 soldats et un débour du Gouvernement américain de plus de 3 milliards de dollars. Où est passé ce magot? Choisir les ONG comme créneaux de distribution de l’aide internationale est une erreur incommensurable. Nous n’allons pas sortir du bois. Si René Préval qui n’a pas été consulté par l’ONU a un minimum de décence, il doit démissionner.Cette nomination de Bill Clintion avec son adjoint Paul Farmer, à la direction des Affaires d’Haïti, n’est autre que la négation de la souveraineté nationale et’une réponse rapide et directe des USA à Nicolas Sarkozy qui a déclaré hier que le 17 février il sera en Haïti. Bill Clinton est l’un des responsables de la décadence d’Haiti par le renvoi des Soldats des FAD’H . Dans sa biographie il a reconnu son erreur. La privatisation de la TELECO a commencé sous sa gouverne.Au péril de notre vie nous ne saurions lui décerner un brevet de compétence où il a déjà échoué.

 

 Pour la reconstruction nationale il convient de calmer les ardeurs politiques diverses par un consensus entre tous les Partis en présence sans exclusive. Tous les leaders politiques actuels sont invités à rééditer le geste magnanime des Héros de 1804 en faisant taire leurs différends pour signer un nouveau pacte de gouvernance afin de sauver le pays. Dans un coude à coude fraternel ils doivent choisir des Conseillers d’Etat en provenance de nos 10 Départements Géographiques et de nos Partis Politiques, un membre de l’Exécutif, le Président de l’Assemblée Nationale, le Président de la Cour de Cassation ou bien un Juge. Le Conseil d’Etat prendra place au siège de la Présidence, nos différents Ministères et nos Départements Géographiques. En période de crise c’est ce modèle de Gouvernement qui arrive toujours à rétablir l’ordre. Après le tremblement de terre du 7 mai 1842 Boyer ne pouvait plus tenir les rênes du pouvoir devant l’insatisfaction poupulaire exprimée  dans le fameux « Manifeste de Praslin » rédigé  aux Cayes par «  La Société des Droits de l’Homme et du Citoyen. Jean Pierre Boyer a dû partir en exil à Paris. Les Hommes de 1843  pour sortir le pays du pétrin et sauvegarder notre souveraineté le 4avril 1843 ont confié le Pouvoir Exécutif à un Conseil d’Etat de 21 membres.choisis parmi les esprits les plus distingués de l’heure.

2.-Du Président du Conseil d’Etat

Le Conseil d’Etat sera coiffé par un Président, primus inter pares, pour une période de 2 ans. Il a pour rôle essentiel de présider les séances de travail . Il détient un pouvoir de direction et exerce les prérogatives de l’Exécutif reconnues par la Constitution de 1987. Il doit assumer ses responsabiltés dans nos relations avec d’autres nations du monde et mettre en marche le processus de changement pour une amélioration de la situation politique, sociale et économique du pays. Il doit proposer l’ordre du jour selon le calendrier d’actions prévues, signer les contrats et veiller à la publication officielle des actes du Gouvernement. D’un commun accord avec les 20 autres Conseillers. Il est également habilité à signer des Accords avec d’autres Etats et Institutions Internationales. En cas d’absence ou d’empêchement , un vice-président sera chargé d’assurer l’intérim et présider les réunions. Le Conseil d’Etat sera assisté d’une Equipe Technique.

Le Conseil d’Etat prend naissance à la faveur d’une situation exceptionnelle c’est à dire non prévue par la Législation haïtienne résolue par des mesures extra-constitutionnelles.Le
Conseil d’Etat
doit transcender le cadre du simple Parti ou Groupement politique, de l’esprit de clan de nos Parlementaires afin d’arriver, par un effort particulier d’information, d’explication et de discussion, à recueillir l’adhésion des autres membres et garantir l’efficacité de l’action à entreprendre.

3.-Des membres du Conseil d’Etat 

Le Conseil d’Etat par la pluralité de sa composition pourra rallier toutes les tendances politiques de l’extrême gauche à l’extrême droite. Les socialistes, les duvaléristes, les Aristidistes etc.. Les noirs et les mulâtres seront tous invités à ce grand concert national pour bâtir ensemble une Haïti meilleure. Riches et pauvres seront représentés au sein de ce Conseil d’Etat qui doit chercher à retrouver l’optimum au sens de Pareto c’est à dire satisfaire tous les partenaires le plus que possible en les dérangeant le moins que possible.

Les 21 membres du Conseil d’Etat seront choisis au scrutin d’une liste proposée par les Partis Politiques et nos Départements géographiques, par suite de la délibétation d’une Assemblée Nationale ou une Conférence Nationale qui, en principe, devra se tenir bientôt. Le manque de quorum au Parlement par suite de l’impossibilité de tenir les élections sera comblé par le Conseil d’Etat  représentatif de toutes les tendances politiques, de toutes les confessions religieuses et de toutes les couches sociales des Départements Géographiques d’Haïti.

4.-Du fonctionnement du Conseil d’Etat 

Tous les membres sont solidairement responsables des actes du Conseil d’Etat. Mais il sera conféré à chaque membre en particulier le contrôle de certains secteurs spécifiques de l’Administration publique. Chaque membre est dûment responsable des domaines d’action qui lui ont été confiés. Il doit maintenir ses dossiers à jour afin d’en rendre compte le cas échéant.


Les attributions des membres du Conseil d’Etat  touchent des domaines très variés tels que :

 

-Parc de logement
- Commerce
- Industrie
- Développement Economique
- Stratégie d’intégration d'Haïti sur le Marché Mondial
- Agriculture
- Environnement
- Pêches
- Elevage
- Auto-suffisance alimentaire
- Aménagement du territoire
- Eau potable
- Electricité
- Réseaux routiers
- Service de cabotage
- Aéronautique.
- Sécurité Publique
- Lutte contre l’insécurité
- Réévaluation du système carcéral.
- Education civique
- Educastion informelle des adultes
- Réhabilitation des jeunes délinquants
- Liberté citoyenne
- Organisation de la Police
- Réorganisation de l’Armée
- Rétablissement de l’autorité de l’Etat
- Mode de recrutement aux emplois publics.
- Requestionnenement du système d’éducation
- Réforme du bon sens
- Réparation et construction des locaux scolaires
- Evaluation des matériels scolaires selon les normes du monde moderne.
- Contrôle des prix des produits de première nécessité.
- Conventions Collectives avec les concessionnaires.
- Evaluation et perspective d’exploitation de nos ressources minières
- Production de l’électricité à partir de l’énergie solaire, de la géothermie et de l’hydrolienne

Cette liste n’est pas exhaustive. Elle traduit l’ampleur de la tâche qui attend les membres du Conseil d’Etat  et fait ressortir l’impossibilité pour un Président de s’en acquitter seul dans une conjoncture Post Tremblement de Terre où tout le monde est aux abois. Avec l’apport des 21 membres  du Conseil d’Etat on mettra des bouchées doubles pour sortir le pays de l’impasse dans un délai raisonnable.


Les structures de la quasi totalité de nos institutions nationales sont détruites. On doit les reconstruire La plupart de nos législations sont inadaptées et obsolètes. On doit les reformuler afin de mieux répondre aux données de l’heure.Pour vous convaincre il suffit de rappeler que :

 

Nos constructions en béton furent les tombeaux de nos compatriotes lors du séisme du mardi 12 janvier 2010. La faim représente le lot des familles haïtiennes. En conséquence il nous faut :

 

-         adopter un nouveau code de construction répondant à la fois aux effets des cyclones et du tremblement de terre,

-         effacer le spectacle de la faim en Haiti par une Politique d’autosuffisance alimentaire. Le Ministère de l’Agriculture, compte tenu de sa loi organique, n’a qu’une vocation d’encadrement. Il n’a jamais été orienté vers la production,

-         réviser notre système de crédit.En Haïti on n’accorde que des prêts hypothécaires, profitables aux riches. C’est un instrument financier suranné daté de 1950  qui accentue la ségrégation sociale axée sur le favoritisme.

 

Autant de points à analyser par le Conseil d’Etat qui sera chargé d’entreprendre les élections présidentielles et législatives en 2011.Comme tout Exécutif, il prépare les lois, s’intéresse à leurs délibérations et veillent provisoirement à leurs exécutions.

Le Conseil d’Etat  reste en fonction pour 2 ans. Il cèdera le pouvoir au nouveau Président élu en février 2012. En cas de démission ou de décès ou encore suite au vote d’une motion de censure à la majorité absolue de l’un des membres du Conseil d’Etat, pour une cause infamante et affligeante , on pourvoit à son remplacement sans délai.

5.-De l’Equipe Technique

Le Conseil d’Etat  sera assisté d’une Equipe Technique qui aura pour tâches d’analyser et d’étudier les dossiers soumis par les membres en vue de proposer des solutions appropriées. Le recrutement de ces techniciens se fera sur la base des critères de compétence et conformément aux lois sur la fonction publique. Les membres du Conseil Technique sont appelés à explorer nos ressources humaines afin de permettre aux meilleurs échantillons de nos techniciens de mettre leurs connaissances au service de l’Administration publique. Les membres de l’Equipe Technique tiendront compte de nos dotations en facteurs de production afin de formuler une politique de développemet en adéquation avec nos ressources.

Le nombre des membres de l’Equipe Technique sera limité en fonction du volume des tâches à accomplir. Cependant pour éviter que le Conseil d’Etat  ne devienne trop pesant pour les finances publiques, aux 20 des 21 membres du Conseil, exception faite du président seront octoyés, selon leurs compétence, des portefeuilles ministériels et des responsabilités au niveau des Colletivités territoriales. Les Membres de l’Equipe Technique apporteront leurs appuis pour la conceptualisation et la mise en chantier des projets de reconstruction nationale.

6.-Structure organisationnelle du Conseil d’Etat .

Le Conseil d’Etat  est un Gouvernement de Reconstruction Nationale, symbolisé par le Collège des Partis politiques selon une configuration matricielle. Les 21 membres du Conseil d’Etat occuperont une position verticale avec le président au sommet de la pyramide. Grâce à ce modèle de structure hiérarchisée, le Président du Conseil d’Etat et les autres membres disposent de l’ascendance nécessaire pour exécuter tous les plans des projets conçus pour le redressement économique et social du pays. Les membres de l’Equipe  Technique seront intégrés de manière horizontale. Leurs compétences seront réparties selon les canaux de distribution qui irriguent l’espace gouvernemental. Ils sont chargés de la programmation, de la coordination et du contrôle des projets de reconstruction nationale. Mais l’exécution relève de la compétence des ministères qui sont chargés d’engager des firmes publiques et privées à leurs concrétisations. Cependant l’Equipe Technique doit tenir compte des feedbacks afin de rectifier les erreurs de mise en application et réajuster leurs tirs. L’Equipe Technique est chargée de rendre public par la parution de certains bulletins ou périodiques les démarches entreprises et les résultats obtenus.

La dissolution du Parlement accordera aux Représentants des 10 Départements Géographiques les mêmes prérogatives. Ils feront des suggestions au sein du Conseil  pour leurs Collectivités Teeritoriales. Les lignes directrices issues des circonscriptions électorales permettront au Conseil d’Etat de disposer d’un levier de commande plus efficace et plus efficient. Par exemple, les procédures de consultation sur la réforme de l’Administration publique afin d’offrir de meilleurs services aux contribuables haitiens, doivent faire l’objet d’un débat. Une telle mesure pourra éviter des frictions et assurer un meilleur fonctionnement de la machine gouvernementale.

8.- Justification de la proposition d'un Conseil d’Etat

Le projet d’installation d’un Conseil d’Etat, loin d’être utopique, répond aux exigences de la conjoncture Post Tremblement de Terre, proche d’une ébullition sociale annonciatrice du départ du Président René Préval  et de son équipe complètement dépassés par les événements. Tout renversement avec fracas de ce Gouvernement va provoquer des chocs encore plus terribles et non mesurables à l’échelle de Richter.Le pays va connaitre des heures très sombres. Le déchouquage sera au rendez-vous. On va enregistrer des pertes inestimables en vies humaines et en biens. Les prédateurs internationaux sont déjà aux aguets. Sous prétexte de nous soulager de notre misère, ils tentent de nous ravir illégalement  nos enfants. Que dire des oripeaux de la Nation, ils  en partageront les dépouilles.

 

Gouverner c’est prévoir. La formation d’un Conseil d’Etat s’impose pour éviter cette période d’anarchie en perspective que nous redoutons tous. C’est dans un esprit de sagesse que nous soumettons  à l’attention de la faune politique haitienne l’instauration d’un Conseil d’Etat appuyé par une Equipe Technique devant préparer le Plan Stratégique de Sauvetage National et identifiert les différents créneaux à emprunter pour qu’il soit opérationnel et fonctionnel. Avec la complicité internationale, la plupart des ONG sous la baguette des petits fils des Chefs de bandes : Petit Noël Prieur , Larose, Lamour Dérance qui boudaient notre indépendance , sont déjà à la parade et s’activent pour gober l’aide internationale et amasser leurs magots. A bon entendeur salut!

 

Le Manifeste d’Ottawa

Canada le 4 février 2010

 

Pour le Comité :

Jean Erich René




Une tranche d'histoire d'Haiti,
(L'Evénement de 1842)

Courtoisie Fabrice Rouzier fabrice.rouzier@gmail.com

 

        L'Evénement de 1842:


        Le samedi 7 mai 1842, un violent tremblement de terre que l'on considère comme la plus grande catastrophe naturelle de son histoire, frappait la République d'Haïti. Cet épouvantable séisme allait détruire toutes les villes de sa côte atlantique et anéantir en un moment, des agglomérations comme le Môle Saint-Nicolas, Port-de-Paix et Fort-Liberté. Parmi les villes touchées se trouvait aussi le Cap-Haïtien, l'ancienne capitale de Saint-Domingue qui, d'un seul coup, fut réduit en cendres.

        C'était alors une cité florissante qui prospérait par son négoce maritime, une ville pleine de vie et de mouvement dominée par une classe de grands planteurs opulents et une non moins fastueuse bourgeoisie d'affaires. Juste avant la catastrophe, le Cap était encore considéré, avec New Orléans et Québec, comme l'un des trois principaux centres commerciaux et culturels de l'Amérique francophone. John Candler, l'auteur d'un Brief notices of Hayti, un ouvrage publié peu de temps avant la destruction de la ville, rapporte que le Cap lui paraissait assez semblable à Saint-Pierre de la Martinique avec 27 rues orientées d'est en ouest et coupées à angle droit par 19 autres allant du nord au sud. Candler décrit aussi les maisons, d'immenses battisses dont les rez-de-chaussée sont occupés par des commerces, des étables ou des entrepôts alors que les familles résident dans les deux ou trois étages supérieurs.

        Dans ses Mémoires encore inédits, mais dont quelques extraits ont été publiés en 1942 grâce aux soins de son neveu, M. Elie Lambert, l'écrivain et homme d'État haïtien, Demesvar Delorme, un témoin direct de la catastrophe, parle du Cap comme d'une "ville de politesse, de manières recherchées, quintessenciées mime, raffolant du roman, du chevaleresque, aimant les épiques récits de galantes aventures, comme l'Espagne de Cervantès. Même après la chute du royaume de Christophe, le Cap-Haïtien qui disputait encore à Port-au-Prince l'hégémonie financière et intellectuelle d'Haïti, ne le cédera vraiment à sa rivale qu'après le tremblement de terre de 1842. En un moment, cette ravissante cité de pierre avec ses édifices, ses belles demeures, ses vastes entrepôts, ses riches commerces et tous ses superbes monuments coloniaux qui en faisaient le Paris de Saint-Domingue, (si finement décrit par Victor Hugo dans Bug-Jargal) se trouvèrent anéantis. On estime généralement à cinq mille le nombre des victimes ensevelis sous les décombres, soit presque la moitie de la population de la ville.

        Demesvar Delorme jouait aux billes avec son frère, lorsqu'il remarqua que certains des soldats qui défilaient lors de la parade du samedi trébuchaient et tombaient de façon assez grotesque. " Un bruit sourd. nous dit-il, un grondement lointain, lugubre, comme sortant d'un gouffre profond se fait entendre du coté de l'est. [...] Nous chancelons, mon frère et moi tombons aussi. Le mur de la caserne au nord s'ébranle et tombe presque en même temps que nous. [...] Le clocher de la cathédrale que j'avais en face se mit à balancer dans l'air, les cloches sonnant à route volée en carillon sans rythme, sinistre, un glas horrible. Le clocher s'écroule, les parties hautes les premières. Puis l'église s'abat, et toutes les maisons environnantes, et toutes les maisons que je voyais, et enfin la ville entière. Tout cela avec un bruit sans nom, grondant au milieu d'une buée épaisse sortie des murailles brisées et qui s'épaississent de plus en plus était devenu un nuage noir, lugubre, comme ceux des grosses tempête sur mer, et bientôt sillonnée comme eux de lueurs rouges, ardentes, agitées en tous les sens".

        Après la catastrophe, Delorme nous dit comment il se rendit en vitesse chez ses parents où l'on commençait à peine à se réjouir du fait que personne n'avait périt, lorsqu'un de ses oncles maternels vint aux nouvelles avec ses vêtements maculés de sang. L'oncle s'empressa de leur expliquer qu'il s'agissait du sang d'une infortunée marchande du marche communal qu'il venait d'aider à dégager des décombres après qu'elle eut reçu une poutre sur les jambes. Peu après, tous Les membres de la famine Delorme se rendaient au Champ-de-Mars. C'est sur cette grande place ou cinquante ans auparavant Sonthonax proclamait la liberté des esclaves de Saint-Domingue, qu' ils passèrent la nuit à la belle étoile pendant que les incendies faisaient rougeoyer la ville tout autour d'eux. En effet, comme le séisme était survenu à l'heure où l'on préparait le repas du soir, les feux de cuisine n'avaient pas tarde à transformer les ruines en un immense brasier.

        La population, épouvantée par les répliques intermittentes qui durèrent au-delà d'un mois, ne dormait plus que dans la rue, sur les places publiques ou encore dans l'édifice miraculeusement épargné abritant l'ancien opéra royal de Christophe. (Aujourd'hui loge maçonnique l'Haïtienne). Le petit Demesvar, il était alors âgé de 11 ans, nous dit qu'à son réveil, au lendemain du cataclysme, il vit arriver le gérant de l'habitation de ses parents sur un cabrouet tiré par des boeufs. Il venait les chercher dans cet équipage pour les conduire avec armes et bagages à la campagne ou ils allaient vivre désormais.

        Un autre rescapé de la catastrophe, un jeune commerçant allemand de nom de Peter Gottlieb Buhrow, nous a, lui
aussi, laissé un récit touchant de ses aventures sous la forme d'une lettre datée du 15 mai 1842 expédiée à ses parents vivant à Hambourg. Surpris dans son lit par le séisme, Buhrow (il est le fondateur de la future Maison Schutt et Co) raconte comment il est resté pendant un temps interminable enseveli sous les décombres. Après des heures d'angoisse et de souffrance, il parvient enfin, dit-il, " à ramper sur les mains à travers les décombres ne reconnaissant plus rien des lieux où j'avais habité et me retrouvant enfin sous une table de billard [..] J'arrivai enfin vers quatre heures du matin au bord de la mer où se trouvait une foule de gens dons certains priaient et d'autres pleuraient ou hurlaient de douleur du fait de leurs graves blessures. La ville est totalement en ruines et ce qui n'a pas été brûlé est pillé. En effet, dès le premier jour apparurent des bandits de l'intérieur du pays qui dérobèrent tout ce qu'ils peuvent trouver puisque l'ordre militaire avait disparu'. En fait, pendant les jours qui suivirent, la ville sera parcourue par de sinistres bandes de pillards en maraude, de chenapans patibulaires qui remuaient les pierres, fourrageaient les ruines fumantes, dévalisant les cadavres et terrorisant les survivants qui voulaient se ménager un abri parmi les vestiges.

        En plus du tremblement de terre, un raz de marée avait envahi les rues commerciales du front de mer laissant une épaisse et nauséabonde vase noire après son passage. Dans son Histoire religieuse du Cap, Mgr. Jean-Marie Jan nous apprend que " le ciel fut tellement obscurci par les tourbillons de poussière que l'on aurait dit une nuit complète. La mer se précipita sur la ville, jusque dans les maisons qui bordent le quai et se retira aussitôt, fort heureusement. [...] Durant toute la nuit, il y eut de fréquentes oscillations et de violentes commotions.Bien plus, les trépidations du sol se répétèrent chaque jour et, quelquefois, à plusieurs reprises, pendant près d'un mois ".

        Le Cap-Haïtien porte aujourd'hui encore les nombreux stigmates de cet affreux tremblement de terre que par euphémisme, ses habitants appelleront "l'événement ". La cathédrale du Cap, un imposant édifice de style neo-classique, ne sera entièrement restaurée que cent ans après son écroulement, en 1942, sous le gouvernement d'Elie Lescot. Le séisme n'épargna pas la Citadelle et infligea des dommages irrémédiables au palais de Sans-Souci, dont la chapelle sera cependant fidèlement reconstruite sous l'administration de Stenio Vincent.


        Il n'est peut-être pas inutile de rappeler que les Capois affrontèrent seuls toutes ces grandes épreuves morales et matérielles qui les accablaient. Après "l'événement " en effet, aucun secours ne fut organisé par les autorités haïtiennes et aucune assistance ne parvint non plus de l'étranger. Il faudra attendre 1844, pour que le gouvernement haïtien, après une visite du président Philippe Guerrier, accorde cinquante mille gourdes à la ville qui serviront à reconstruire le quai et à déblayer les rues de leurs décombres. Ce n'est que vingt-cinq ans plus tard qu'une nouvelle prospérité allait permettre la lente reconstruction du Cap, mais en 1842, Haïti perdait une ville brillante, un centre économique florissant qu'elle ne retrouvera peut-être jamais...

Catastrophes en Haïti: un héritage politique calamiteux plus qu'une malédiction

 

Les effets dévastateurs du séisme en Haïti sont les résultats d'une situation géographique défavorable et de plus de vingt ans de crises violentes ayant mis l'économie du pays à genoux, plutôt que d'une malédiction qui frapperait régulièrement l'île, selon des experts.

AFP - le 13 janvier 2010, 18h41


"C'est une catastrophe terrible pour Haïti qui n'avait pas besoin de ça qui n'avait pas besoin de ça", a résumé mercredi le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner, alors que le Premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, a déclaré craindre que le bilan ne se situe "bien au-dessus de 100.000 morts".


Le pays le plus pauvre du continent américain, à deux heures d'avion de Miami, en forte croissance démographique, est situé dans une zone prisée par le tourisme, les Caraïbes, avec sa mer chaude et ses plages de sable fin. Mais Haïti a aussi une position géographique défavorable puisqu'il se situe sur une faille propice aux séismes.


"A part les catastrophes naturelles, les malheurs de Haïti s'expliquent par l'Histoire", souligne sous couvert d'anonymat un diplomate français de haut rang, grand spécialiste de ce pays. Il récuse le terme d'"île maudite" et pense que la population devrait, devant cet "énorme coup dur", réagir en accusant le gouvernement d'incapacité plutôt qu'en parlant de "fatalité".

Après 30 ans de dictatures de la famille Duvalier, le pays est entré en 1986 dans une période de fortes turbulences avec des crises politiques à répétition, entrecoupées de coups d'Etat sanglants. Période qui a duré 20 ans.


Haïti s'est enfoncé dans la pauvreté, la population, aujourd'hui forte de près de dix millions de personnes, rasant arbres et arbustes des collines et des montagnes pour en faire du charbon de bois, indispensable à la cuisson d'aliments de base.

Des sanctions internationales imposées aux régimes politiques successifs ne sont pas étrangères à cette fuite en avant d'un peuple dont la première préoccupation le matin est de réussir à avoir au moins un repas dans la journée et où la corruption gangrène les institutions.


Cette déforestation sauvage a accru encore davantage la vulnérabilité du pays, souvent en première ligne en période d'ouragans et de cyclones qui se créent dans l'Atlantique entre juin et novembre. Lorsque la pluie tombe, rien ne l'arrête et dans un paysage vallonné, les inondations sont vite légion.

Port-au-Prince, la capitale, est l'exemple le plus flagrant dans le pays de son inadaptation face aux intempéries. La ville s'est étendue au fil des années, avec des bidonvilles de plus en plus grands, faits de petites masures en pierres, cailloux, ou formées par un assemblage de tôles ondulées.

Littéralement accrochées aux flancs de collines, ces masures ne résistent pas à une pluie un peu forte et s'effondrent comme un château de cartes. Un tremblement de terre comme celui de mardi produit les mêmes effets.

"La moindre pluie dans le bidonville de Martissant, c'est dix morts, et chaque année ça s'aggrave car la montagne est un peu plus déstabilisée", raconte le diplomate de haut rang.


Aujourd'hui, le pays reste sous assistance internationale (financière, politique et diplomatique). Il reste au fond d'un trou sans fin de pauvreté, et l'absence d'un Etat fort a profité au trafic de drogue, le pays servant de plaque tournante entre l'Amérique latine et ses champs de coca et les Etats-Unis, premier marché consommateur.

En 2008, quatre ouragans et tempêtes tropicales avaient fait près de 800 morts et 300 disparus. Le coût de reconstruction avait ensuite atteint 15% du PIB du pays.

Depuis le début du 20e siècle, une centaine de cyclones, tempêtes tropicales, inondations meurtrières ou glissements de terrain ont affecté Haïti.


 

Mercredi 30 septembre 2009

Ni Wyclef ni son oncle ne seront candidats à la présidence d’Haïti

"Je ne suis pas candidat à la présidence d’Haïti", a déclaré le week-end dernier Wyclef Jean. "Moi non plus !" indique son oncle Raymond Joseph, ambassadeur d’Haïti à Washington, contrairement aux vœux de son célèbre neveu.

Le diplomate révèle, en effet, avoir eu une discussion avec son neveu sur les rumeurs concernant son éventuelle candidature à la présidence. "Tu as le talent de musicien, il faut t’y consacrer" aurait-il alors conseillé à son neveu.

"Mon talent à moi a toujours été dans la diplomatie et le journalisme", avait poursuivi l’ambassadeur d’Haïti à Washington et propriétaire du journal Haïti Observateur devant le souhait de son neveu de le voir candidat à la présidence haïtienne.

L’artiste haïtien aurait-il voulu publiquement forcé la main à son oncle, ou simplement le taquiner en déclarant qu’il souhaitait le voir président d’Haïti ?

L’ambassadeur haïtien affirme qu’une telle candidature ne l’a jamais intéressé. D’autant que sa lutte ouverte contre la dictature, raconte-il, lui a laissé des ennemis qui croyaient qu’il s’y était autant investi pour mieux se placer dans la course présidentielle.

Raymond Joseph s’est, en outre, félicité « d’avoir contribué à la construction d’une démocratie en Haïti qui doit mener à son développement économique social et politique, sans pour autant avoir été candidat ».

MJB/HPN 

 

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